Beaucoup de personnes vantent les mérites de l’Asie du Sud-Est lorsqu’il est question de trouver un endroit tranquille pour sa retraite. Avant de prendre la décision définitive de s’y installer, il convient de ne pas se contenter d’un seul son de cloche, de prendre le temps de relativiser et faire quelques analyses ; et surtout prendre en compte le récit de ceux qui en ont fait la mauvaise expérience.

Car oui, la retraite en Asie du Sud-Est n’est pas toujours rose pour tout le monde et il y a bien entendu pas mal de choses auxquelles il faut faire attention. Beaucoup de retraités partent mal préparés : sans assurance santé ou bien en allant sur une déserte telle que Phuket qui compte de nombreux accidents de moto.

Retraite en Thaïlande, une occasion en or ?

Avant de s’installer définitivement en Thaïlande, les Français ont la possibilité de tester leur accommodation au pays en y séjournant grâce à un visa touristique. La plupart du temps, tout se passe sans encombre pendant quelques années. Et les retraités finissent le plus souvent par se débarrasser de tous leurs biens en Europe pour ne plus avoir d’attache. Pour un retraité qui gagne approximativement un revenu mensuel de 700 €, s’installer proche de la frontière est une bonne option, en choisissant une petite ville où il est possible de louer un petit hébergement pas cher.

Comment prendre sa retraite en Asie et éviter les problèmes de santé

Pour le renouvellement du visa touristique, il est ainsi plus pratique de sortir vers un pays voisin ne serait-ce qu’une nuitée et de revenir. Tout ceci semble bien passé, seulement ce n’est pas aussi évident pour quelques personnes qui ont rencontré des désagréments. En effet, si vous vous faites hospitaliser, les frais de santé montent très vite en flèche et certains retraités sont obligés de se faire rapatrier en France pour se faire soigner.

La Thaïlande, aucune pitié pour les touristes et retraités

Pour les Français qui souhaitent s’installer définitivement en Thaïlande à la retraite, une des clés pour l’obtention d’une visa retraite serait le dépôt d’un montant de 21 000 € sur un compte bancaire dans le pays. Non seulement le dépôt d’une telle somme n’est pas à la portée de tout le monde, mais cela ne vous préserve pas des imprévus. Prenons comme exemple le cas d’un accident de moto : c’est l’hospitalisation assurée et si vous êtes mal couverts, alors les sommes demandées chaque jour seront élevées. En plus, sachez que les hôpitaux vous demanderont dès votre entrée votre carte bleue et certificat d’assurance. Sans ce sésame, ne comptez pas être pris en charge.

Des imprévus dans les formalités administratives et hospitalisations

Pour ceux qui ont l’habitude des bureaux en Europe, les fonctionnaires de l’ambassade de Thaïlande dans les pays voisins peuvent être une autre source de désagréments. Non seulement ces derniers ont tendance à se montrer moins coopératifs, mais il complique aussi les choses en perdant quelquefois des documents importants ou en offrant que des visas de courte durée.

La stabilité de la Thaïlande est à prendre en compte

S’installer en Thaïlande, c’est aussi prendre le risque de subir les changements qui viennent avec les prises de pouvoir. Il y a des cas où, lorsque l’armée prend le pouvoir, il devient difficile d’obtenir ou de renouveler son visa. D’ailleurs, il arrive que toutes les finances des personnes retraitées soient passées au crible et leur situation sévèrement analysée pour déterminer si elles ont leur place dans le pays ou non. Du coup, les retraités qui disposent d’un faible revenu doivent sérieusement réfléchir à leur situation sur le long terme avant de prendre la décision de s’installer définitivement en Thaïlande.

Prendre le Cambodge ou le Vietnam pour sa retraite, une bonne décision ?

Si la Thaïlande présente quelques désagréments et que l’on ne veut pas quitter l’Asie du Sud-Est, la proximité du Cambodge ou Vietnam sont à considérer. Il paraîtrait dans ces deux pays sont tous deux charmants, tout est gai et joyeux. Et selon les avis souvent annoncés, les Français retraités ne se sentiront pas largués en venant au Cambodge ou au Vietnam. Les villes de Phnom Penh et Ho Chi Minh Ville sont charmantes à visiter, surtout pour les personnes qui aiment déambuler à la découverte de ce que la ville a à offrir. D’après ce guide pour s’expatrier et prendre sa retraite au Vietnam, des dizaines de retraités français ont choisi de s’installer entre Nha Trang, Dalat, Saigon ou encore Hoi An …

FV : hopital français vietnamien ho à chi minh

Toutefois, les personnes les plus exigeantes se rendront bien vite compte que le confort n’est pas au rendez-vous. L’état du trafic est stressant, les villes sont polluées et les formules d’hébergement proposées sont décevantes tant par l’état que le prix. Il faudra en effet plus de 300 $ pour un logement bon état situé en ville et compter 500 $ pour un logement où l’on peut avoir d’intéressantes infrastructures à proximité, mais qui ne dispose d’aucun confort. Concernant les hôpitaux, Phnom Penh et Ho Chi Minh commencent à avoir des hôpitaux de qualité dédiés aux expatriés pour pouvoir assurer les soins d’urgence.

Réévaluer son installation sur le long terme selon votre état de santé

Le cap des trois ans qui est constamment évoqué dans les relations est aussi valable quand il s’agit d’expatriation. En effet, on a tendance à voir les choses d’un autre œil au bout de trois ans. Passé ce temps dans un pays de l’Asie du Sud-Est est assez pour expérimenter les réalités du pays que l’on a choisi comme destination pour la retraite. Il ne faut pas oublier qu’avec moins de 1000 $ de revenus mensuels, on se trouve tout de même limité pendant son séjour. De plus, tout en étant expatrié, on reste tout de même influencé par la chute de l’euro et l’inflation, ce qui a pour effet une baisse considérable du pouvoir d’achat à laquelle s’ajoute un total de corruption élevée du pays de destination. Ainsi, il convient de suivre l’état de santé du pays dans lequel vous résidez et vous assurer qu’il y ait des hôpitaux proches de chez vous en cas d’urgence. En effet, plus vous allez vieillir et plus votre assurance santé d’expatrié au Vietnam va vous coûter cher : plusieurs milliers d’Euros par an, donc il faut bien calculer votre retraite en Asie car n’importe quel soin de santé va faire un trou à votre porte monnaie. En même temps, les problèmes d’hygiène impliquent que l’on doit dépenser un peu plus pour pouvoir avoir un mode de vie décent. Il n’est donc pas rare de voir des Français qui vendent leurs commerces, leurs petites affaires et leurs restaurants pour pouvoir quitter le pays.

Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que dans un pays de l’Asie du Sud-Est, tout a un prix et que tout peut se monnayer. Pour pouvoir se faire une place, il faut savoir jongler avec cette réalité et toujours prendre en compte que les prix à payer sont susceptibles d’augmenter à n’importe quel moment. C’est de cette façon que les personnes qui ne savent pas s’adapter à la cruelle réalité de la retraite en Asie voient leur rêve se briser.